14/07/2013

Sorties Juillet 2013

Samedi 27/07/2013 : Le son et lumière ardennais
Par Alain Darville

Patrice et moi, nous sommes partis faire le 179 km (2420 m de dénivelé) de Naninne (Naninne-Rochefort-Saint-Hubert-Naninne).

La météo du vendredi ayant annoncé des orages pour le centre et le nord, trop confiant comme d’habitude, je n’ai pas regardé ce qu’il en était le samedi matin. Petite erreur, mais si je l’avais fait, je n’y aurais pas été.

Et pourtant, au départ, tout s’annonçait bien, du monde aux inscriptions, Guy était là aussi, ne sachant pas trop quelle distance il allait faire. Antonio (un BRMiste) est là aussi, malgré des problèmes au tendon d’achille depuis le RM 1200 km de Morkhoven.

Patrice se tartine abondamment avec sa protection solaire, cela prend un temps fou, mais pour une fois, cela me permet de me battre avec mon compteur de vitesse qui donne des injures en espagnol. Cette espèce d’ordinateur miniature a décidé de faire grève et à par me dire tout ce que je ne comprends pas en italien et en espagnol, il n’affichera plus que la vitesse instantanée pendant tout le trajet. Guy et Antonio sont partis depuis longtemps quand le moindre cm2 de la peau exposée au soleil de Patrice a été copieusement recouverte de sa crème indice protection 50.

Nous y allons tranquillement, sous le soleil, Antonio est repris et tout ce qu’il veut est que son tendon ne lui fasse plus mal, car il compte bien faire le 1200 km de Madrid-Gijon-Madrid au mois d’aout.

Ensuite, c’est au tour de Guy de se faire avaler par un Patrice qui avale les côtes sans broncher.

Mais il y a tellement d’humidité dans l’air, que mes lunettes deviennent opaques, pleines de buées, j’en viens même à regarder la route sans elles (entre rien et le flou…).

Des nuages noirs commencent à s’amonceler à notre droite. Qu’est-ce ? Un orage futur ? Va-t-il passer à côté de nous ? Le doute persiste jusque Haversin, le 1er ravito. Là, le doute est levé. Il fait tout noir, et les mannes célestes sont ouvertes au maximum. Le son et lumière peut commencer. Des cyclos, il y en a dans tous les sens, mais plus vraiment sur les vélos. Chacun essayant de se protéger comme il peut. Et c’est là qu’une bête question se pose : Que faut-il faire avec un vélo en cas d’orage ?

Qu’allons-nous faire ? Renoncer comme beaucoup qui feront au plus court ? Mais comme Patrice le dit si bien : « Un BRMiste ne renonce jamais (sauf en cas de casse mécanique, et encore…), et ce n’est pas un ridicule petit orage qui nous fera renoncer ». Ainsi soit-il ! Nous continuerons. Nous attendons quand même une ½ heure que la pluie se calme. Patrice veut se réfugier dans une friterie. Quoi ? Il veut manger des frites à 9h du matin ? Mais le tenancier le met dehors à coups de raclettes. Vexé, il enfourche son vélo. Antonio et Guy arrivent au ravito. Eux non plus ne se sont pas arrêtés.

L’orage et ses petits frères continueront à éclairer et tonner jusque Saint-Hubert. Dans les bois avec l’obscurité régnante, j’avais plus peur de ne pas être vu des automobilistes que de la foudre céleste.

Je récupère Antonio, qui est euphorique dans la flotte : « Je n’ai toujours pas mal à mon tendon d’achille, alors tu penses, il peut neiger, tonner, pleuvoir… je m’en fou, je suis guéri. » Comme ça, il y aura au moins un cyclo content aujourd’hui.

Patrice va moins vite dans la longue montée vers Saint-Hubert. Lui qui me disait juste avant d’arriver au 1er ravito : « 27 km/h de moyenne pour 44 km, je n’ai jamais été aussi vite sur un cyclo-côteur ». Patrice va devoir revoir ses prétentions à la baisse, ça monte, et pas un peu…

Après 102 km, nous arrivons à Tellin, le 2ème ravito. C’est un peu la débandade sur la grande distance. Des 120 inscrits au 179 km, seul 50 sont passés, et comme on est loin d’être les premiers…

Patrice et moi, nous continuons en direction de Lessive et de ses paraboles. Ensuite, c’est la partie dure du BCC. C’est une succession de côtes entre 8% et 10 %, qui commencent à faire mal aux jambes : Ciergon, Custinne, Achène et Ciney. Mais le soleil est revenu, ainsi que la chaleur. Toute la crème tartinée avec amour de Patrice est passée dans ses chaussettes, lavée par la pluie, maintenant le soleil peut s’en donner à cœur joie, pour rougir ses petites guibolles.

3ème contrôle à Braibant au km 148. Nous y rencontrons un collègue, préposé au ravito. Là, les signaux du passage à niveau sont devenus fous. L’orage les a détraqués, ils restent au rouge, sauf juste après le passage d’un train, où pendant 5 secondes ils se mettent au vert. Comme il faut le traverser, un ouvrier nous dit d’y aller. Le stress de brûler un feu rouge, sans doute et Patrice va faire pipi sur un poteau avec l’indication : « Haute tension : 11500 volts ». Survivants du train, nous continuons en direction de la Meuse. Quelques côtes encore, une grosse descente pour rejoindre la Meuse et ensuite la grosse remontée de Dave vers Naninne et c’est fini.

A l’arrivée tout le monde est parti, ma voiture est toute seule dans le grand parking du stade de foot local. Il reste quelques membres du club qui remballent tout, et pourtant il n’est que 16h…

C’est un beau cyclo-côteur, je pense toujours que c’est un facile, mais j’oublie toujours les 30 km entre Lessive et Ciney, des montées et des descentes en continu à du 8/10 %.

 

27-07-2013 Naninnes

 

 

Donc, en cas d’orage, tout cycliste se doit de:

Ce qu'il faut faire

  • Évitez les terrains élevés et les espaces ouverts.
  • Descendez du vélo. Les pneus  en caoutchouc ne vous protégeront pas.
  • S'il n'y a aucun abri possible, se positionner accroupis au sol, les genoux contre la poitrine et la tête baissée entourée par les bras (pour la protéger de la foudre). Pour encore plus de sécurité, placer des tissus  (couvertures, vêtements...) entre le sol et vous.
  • Les cyclistes doivent être  distants de 3 mètres les uns des  autres. Un cycliste seul attirera moins la foudre qu'un groupe de plusieurs personnes.
  • Évitez tout contact avec du métal. Tenez-vous à au moins 30 mètres des  clôtures en métal
  • Restez loin de l’eau, y compris les lacs, les mares et les flaques d’eau.
  • Restez à l'abri jusqu'à ce que l'orage soit passé, attendez au moins  trente minutes après le dernier coup de tonnerre.

 

 Ce qu'il ne faut pas faire

  • Il ne faut surtout pas courir à coté du vélo : le corps dégage alors de  l'énergie qui facilite le trajet de la foudre vers le sol.
  • Ne vous abritez pas sous un arbre, dans une cabane avec une toiture de  tôle ou dans une autre construction ouverte ou de petites dimensions.  
  • N’essayez pas de finir votre sortie. Vous pourrez reprendre votre entrainement quand l’orage sera complètement passé! 

 

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Dimanche 21/07/2013 : Wolvertem, le parcours aux 1000 virages.
Par Alain Darville

Eric, Jean-Louis, Freddy et moi, nous partons sur le 100 km. Stéphane, Daniel avec Eric, son petit-fils qui a enfin des chaussures de cycliste (voir épisodes précédents),  Jean-Paul et Pierre partent sur le 65 km.

Stéphane nous accompagne jusqu’à la bifurcation. Le départ n’étant déjà pas de tout repos, avec cette bifurcation, un groupe nous dépasse, et c’est parti, 35 km/h minimum, et des relances, des relances à n’en plus finir. Les flécheurs de ce club doivent être des masos. Pour flécher le parcours qu’ils nous ont fait, il faut un bon millier de flèches.

Mais les flèches amovibles sur poteaux ont ceci de bon, c’est que le parcours peut changer chaque année. Maintenant, nous partons  vers Zemst, Keerbergen, Wechter, Holsbeek, Kampenhout, Perk et Beigem. En Fait, nous allons tournicoter autour de Louvain.

Mais notre groupe pilote s’arrête un peu avant le 1er ravito. Nous continuons à 4, Freddy n’arrête pas de dire qu’il ne continue plus avec nous et pourtant il continue. Eric et Jean-Louis continuent à faire leurs relais de malades. J’ai essayé une fois, mais ou bien je suis sagement et je vais jusqu’au bout, ou je vais devant et je meure.

Au 2ème ravito, Freddy en profite pour prendre la poudre d’escampette. Il est mort, il continue à son aise. Nous reprenons la chasse à 3, avec des pointes à 45 km/h. Au km 90, Freddy est en vue, mais malgré le ralentissement de Jean-Louis, Freddy ne suit plus.

Après 3h30, les 105 km sont fait. La moyenne, je n’osais même plus en rêver depuis longtemps. Merci à Eric et Jean-Louis, même si ce n’est pas le but de foncer, une fois, ça ne fait pas de mal... Aller, il reste encore un peu de vie dans ces vieux muscles….

 

21-07-2013 Wolvertem

 



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Samedi 20/07/2013 : « Je veux faire la Redoute »
Par Alain Darville

Comme Patrice est en manque de BRMs et de longues distances, il voulait absolument faire ce cyclo-coteur, et comme moi, il ne faut pas grand-chose pour me convaincre, nous avons donc été faire le parcours de 180 km et de 2850 m de dénivelés : Aywaille-Bastogne-Aywaille.

Comme la journée s’annonce très chaude, et elle le fut, nous sommes partis assez tôt.

A l’inscription, Patrice excité comme une puce court dans tous les sens. Je dois me transformé en derviche tourneur pour savoir où il est. C’est en regardant tous azimuts, que je vois Guy, pas loin de nous. Il fera le 110 km, mais nous partons ensemble.

Pour Patrice, qui ne se tient plus, parler avec Guy ne semble pas possible. Il ne faut pas longtemps pour qu’il disparaisse dans la longue côte vers Werbomont. Normalement, je devrais le rejoindre assez facilement, il m’a quand même fallu faire 20 km pour faire la jonction.

Des groupes entiers de régionaux et de Flamands nous dépassent sans arrêt. Il y a du monde sur ce cyclo-coteur et cela se verra aux ravitaillements.

Au km 39, nous sommes à Chabrehez, pas loin de la Baraque Fraiture. Et, effectivement, il y a du monde. Il faut faire la file pour arriver à la nourriture et surtout à l’eau, où le préposé fait des allers retours au cimetière.

Mais jusqu’ici Patrice avance bien dans les montées. Malgré son handicap volontaire avec son gros sac à dos (« et pourtant, j’ai enlevé le maximum », dixit l’intéressé). La Côte de Bonnerue est la première grosse côte de la journée, des groupes entiers continuent à passer. Nous restons jusque Bastogne avec quelques cyclos dont une dame, qui a l’air de motiver Patrice, surtout quand il met son nez dans son derrière. Mais, lui qui a le contact facile, est resté cette fois-ci sans voix. Et pourtant, ce devait être une hollandaise. Les hollandais, c’est tout ce qui restait avec nous, lorsque tous les express régionaux sont passés.

Tavigny, km 86, 2ème ravito. Encore plus de monde (les 150 et 180 s’y retrouvent). Mais ici, il y a assez d’eau via une lance.

Notre hollandaise est partie, Patrice n’est jamais pressé aux ravitos, mais là aussi, il part dans tous les sens.

Pas le temps de dire ouf, dans les montées descente du haut plateau, que nous arrivons au 3ème ravito au km 108.

Mais maintenant, nous allons attaquer la Côte de Wanne, moment de vérité pour Patrice. Il fait chaud, même sous les arbres, et cette côte me parait encore plus longue que les autres fois.

Le 4ème ravito au km 133, il ne reste plus que les hollandais et nous. Le ravito est famélique. Il ne reste que les restes des petites distances. Comme d’habitude quand il y du monde et que les ravitos servent à des multi-distances, les petites distances affamées bouffent tout. Patrice a prévu le coup, il lui reste des tartes au riz et un régime de bananes. Il fera les dernières côtes, plus léger. Pour l’eau , le cimetière n’est pas loin. Ici aussi, quelques cocos ne prennent pas la peine de descendre de vélo pour arriver au ravito, bloquent tout et surtout ne bougent pas.

Il reste encore les Côtes de Roanne et du Rosier à faire, avant, avant… de faire la REDOUTE.

Patrice, c’est son test ultime, voir s’il est devenu un grimpeur. Il veut faire La Redoute sans s’arrêter. Il voulait même déjà la faire le matin avant de démarrer, parce qu’après 175 km, ce n’est plus vraiment la même chose.

Donc nous arrivons à Remouchamps via l’Amblève, et nous attaquons la Redoute. Moi, je suis cuit, trop chaud, et avec mon 39x27, j’ai quelques appréhensions. Et pourtant ça passe, tout en danseuse, les muscles tirent de partout, mais ils tiennent. J’attends Patrice au sommet, qui arrive hilare, « je suis passé, et je ne me suis pas arrêter, c’est la 1ère fois ».

C’est donc un Patrice tout guilleret qui termine ce cyclo-coteur. Et dire que les BRMs ne recommencent que le 15 aout….

 

20-07-2013 Aywaille-Bastogne-Aywaille



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Dimanche 14/07/2013 : Sortie Club dans le Pajottenland
Par Alain Darville

Pendant qu’Eric et Jean-Louis allaient s’expliquer au Brevet de Weerde sur le 135 km, que Patrice se remettait de son RM 1200 km en faisant un BRM 200 km à la mer, moi, une sortie club m’arrangeait pour que je puisse récupérer de ma double flèche de Belgique Bxl-Knokke-Bxl (un petit 260 km).

Nous avons donc fait connaissance de Luc et Anthony. Luc, un français, recommence le vélo après une longue pause et cherche un club à Bruxelles. Il a encore de beaux restes, et où qu’il aille, il risque de faire trembler assez vite, les cyclos qu’il rencontrera. Anthony a été mis de force sur le vélo par Pietro. Plus habitué à piloter des bolides motorisés sur circuit, il a encore quelques sorties à faire pour être à l’aise sur son vélo.

Nous les avons accompagnés sur le 60 km, avec Pietro, Freddy, Michel, Jean-Paul, Stéphane et Guy. Comme c’était à une allure relax, j’ai pu faire quelques photos. Et comme en plus, le beau temps était de la partie, ce fut une agréable sortie. Freddy ne se sentait plus dans les côtes, Pietro faisait quelques tests de puissance, Michel forçait un peu sur son biper mais tenait bon et moi, je n’ai jamais roulé aussi vite dans les montées, mais nous sommes restés groupé.

14-07-2013

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Samedi 13/07/2013 : Un BRM à la mer
Par Patrice Martin

Récit du BRM 200 km d’Ostende vers Thérouanne en solitaire de Patrice…

Comme il n'y avait pas de trace GPS, j'en ai fait une moi-même ...  et je l'ai suivie.  Je suis parti ...  le dernier et j'ai rattrapé José-Maria et j'ai poursuivi seul jusqu'au premier contrôle où j'ai retrouvé la troupe (Mic, Marcel, Etienne, Guy, ... et bien entendu notre André national).

Bizarrement Antonio est arrivé après moi sans que je le dépasse ...  mais je suivais ma trace.

Entre le premier et le second contrôle j'ai découvert les problèmes de ma trace, ... chemin de campagne impraticable, détours par les départementales les plus proches.  Arrivée à Thérouanne, je vois le vélo d'Antonio sur la devanture d'un marchand de vélo, je craignais un problème technique mais il était en quête d'un cachet.

Il me dit qu'il va chercher une épicerie pour se ravitailler.  Je fais mette mon "tampon" chez le marchand de vélo et me dirige vers le centre du village, je vois un magasin carrefour et vais m'acheter des victuailles.  Avant d'entrer, je rencontre José-Maria.  Nous achetons de quoi nous sustenter et il fait mettre un cachet dans le carrefour.  Puis nous poursuivons notre chemin.  Chacun de notre côté car je veux "vérifier" ma trace. En chemin je m'arrête encore pour manger et plus tard je retrouve José-Maria.  Je le dépasse et me rends au 3ème contrôle.  'T Rohardushof.  J'y retrouve Antonio qui venait d'arriver et je lui dis que José-Maria devrait arriver car il n'était pas loin derrière moi.

A peine 2 minutes plus tard, je vois un casque passer, je me précipite sur la route et siffle José-Maria qui passait devant le contrôle sans le voir.  Il s'arrête et nous rejoins.

Nous mangeons et buvons et après environ 20 à 30 minutes nous repartons et je continue à suivre ma trace, j'arriverai à 17h35 au café De Ton. Pour le train de 17h43 ... c'est pas possible mais je décide de prendre celui de 18h43 (départ vers 18h15 de De Ton).  Je verrai encore Antonio et José-Maria arriver mais José-Maria (venu avec moi en train le matin) repartira plus tard.

Dans l'ensemble pas trop de douleurs au genou gauche mais je n'ai pas fait d'efforts appuyés.

En ce qui concerne la trace 800 mètres de route de campagne dont 300 à pied dans l'herbe.  Quelques routes avec des pavés (j'aime pas les pavés) pour le reste, pas mal.

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Mercredi 03/07-Samedi 06/07/2013 : RM 1200 Km Herentals - Paris - Cosne s/Loire - Reims – Herentals
Par Patrice Martin

Préparation

Vélo, bagages, nourriture, vêtements, ...

La veille se rendre au Bed & Breakfast « Chez Jeanine » à Morkhoven.

Sur le quai de la gare de Bruxelles Nord, j'attends le train pour Herentals. Sur le quai je remarque un homme de grande taille qui transporte manifestement un vélo dans un grand sac. Il me remarque avec mon vélo de « randonneur » (mon Canyon est équipé d'un sac sur le guidon et d'un porte bagage avec un sac et sur le dos je porte le sac qui contient des vêtements et ce qui est nécessaire pour un 1200). Il me demande si je vais à Herentals, c'est le cas et nous faisons connaissance car il vient, lui aussi, pour le 1200. Nous parlons en anglais. Ce n'est que dans le train qu'il m'expliquera qu'il vient de Münich (München) et que je lui dirai « dan Sprechen Sie warscheinlich Deutsch ». (Traduction pour les non-initiés à la langue de Goethe : «  Alors vous devez probablement parler Allemand. ») Et j'en profiterai pour réactiver mes connaissances d'Allemand ... qui datent depuis un peu plus de 30 ans...

Au Bed & Breakfast je partagerai ma chambre avec Matt Chambers et dans une autre chambre un couple d'Allemand (tandem, Elke und Bernd).

 

Le premier jour : baptême

Départ à 5 heures après les formalités d'inscriptions, il y a environ 45 inscrits.

Des américains (8?), des Français (8), des Allemands, des Britanniques, des Brésiliens, des Italiens, ... et bien entendu des Belges (je ne dispose pas de tout l'inventaire).

Mon premier 1200 km est un baptême et pour un baptême il faut de l'eau, .... alors nous avons eu droit à une centaine de kilomètres sous la pluie. Pas trop habillé, (petite chemisette qui évacue la sueur et un coupe vent – gore-tex – prévu comme « déperlant » aura toutes les peines du monde à «déperler » tout ce qui nous est tombé dessus). C'est sous la pluie que nous traverserons Bruxelles, pas très gaie cette traversée dans la circulation sur des routes mouillées et parmi des chantiers routiers ici et là. Je ne sais ce que nos collègues cyclistes étrangers retiendront de Bruxelles. Au premier contrôle à Naast, j'aurais l'occasion de retrouver pas mal de monde et de voir une italienne tremblant de froid ainsi que Antonio qui lui aussi grelottait. Je serai dans le même état lors du redémarrage de Naast. Quelques kilomètres plus loin la pluie s'arrêtera enfin et nous pourrons commencer à sécher petit-à-petit.

Un peu plus tard nous nous sommes retrouvés sur le parcours du 600 de Tournai, j'ai même crains un moment avoir laissé ce parcours de ce 600 dans mon Gps et j'ai craint de m'égarer sur cet autre parcours, ... heureusement il n'en était rien. Second contrôle à Choisy-au-bac, non loin de Compiègne. Nous repartons vers notre premier arrêt sommeil vers Villeparisis, hôtel Formule 1. La nuit sera courte, on devrait se lever à 4h pour repartir vers 5h.

Je ne dormirai que 2h, pas de douche (je sais je suis un « porc » mais je privilégie le sommeil après cette longue étape de 365 km). Je partagerai ma chambre, en tout bien tout honneur avec Antonio (Moreno Casas) et Stanislav Kuhnov (si je ne me trompe) un Russe, comme son nom l'indique. Antonio va d'ailleurs pendant la nuit remettre Stanislav à sa place car celui-ci commence à ronfler à en faire trembler tout l'hôtel ;o)))

 

Deuxième jour on va un peu jouer ... (en espérant ne pas le payer plus tard)

Nous repartons de Villeparisis direction Paris que nous allons un peu visiter. On constate que dans tous les pays on essaye de fournir aux cyclistes des infrastructures mais copier les recettes des voitures n'est pas toujours une bonne solution. Nous avons eu droit à des « casse vitesses » pour vélos. Ravitaillement sur le parking d'une grande surface et nous nous dirigeons vers Orléans, sur cette portion, je me retrouverai avec Antonio et un groupe s'exprimant an anglais et composé d'un Britanniques (Matt Chambers, mon compagnon de chambrée dans le Bed & Breakfast « chez Jeanine »), un autre que nous croirons longtemps être un américains et un Russe, Stanislav. Pendant cette portion du parcours nous nous amuserons à nous relayer et à faire un peu « la course » ici et là, un peu comme des gosses en espérant ne pas devoir payer trop cher plus tard ces petits jeux.

Alors que nous roulions ensemble, Antonio et moi, nous aurons envie de nous reposer, aussi bizarre que cela puisse paraître, en cas de fatigue, se « poser » 5 à 10 minutes, s'asseoir, ou se coucher dans l'herbe et fermer les yeux quelques minutes peuvent « chasser » la fatigue. Lors d'un de ces repos, un groupe passe et nous invite à le rejoindre, nous remontons sur nos vélo le plus rapidement possible et, Antonio et moi, nous lançons dans une course poursuite (appelée aussi « chasse patate ») ... en fait de repos, pour rattraper le groupe, nous avons dû accélérer jusqu'à plus de 35 km/h pour les rejoindre. Nous y sommes parvenus. Ensuite ce groupe composé d'environ 8 cyclistes, se relaient régulièrement. Il y a même un randonneur avec un vélo fixie et un t-shirt Duvel (Belgian beer). Et nous poursuivrons ainsi un bon moment notre route.

Nous arriverons à Cosne-sur-Loire et à l'hôtel, je désire prendre une douche mais ... quand on allume dans la douche, la lumière de la chambre s'allume et dérange les deux autres occupants qui dorment déjà. A nouveau je devrai, car je ne veux pas déranger les autres, me passer de douche. Décidément, c'est dur dur de prendre une douche sur un 1200.

 

Troisième jour, coupe vent randonneur sacrifié, l'abandon sur casse mécanique n'était pas loin, après-midi le coup de chaleur, les fuites, les moustiques, ... la poisse et l'apparition de Bernard le sauveur.

Le troisième jour commencera correctement je me retrouverai avec Antonio et comme il fait chaud, je voudrais « arborer » le beau coupe-vent « randonneurs.be ». Mais comme il avait été mouillé lors des 100 km de pluie du premier jour, il était encore humide. J'ai voulu le mettre à sécher sur mon sac sur le porte bagage mais je ne l'avais pas attaché correctement (la prochaine fois il me faudra prendre des pinces à linge) dans une descente, le coupe-vent en a profité pour se glisser dans mon dérailleur et s'enrouler 3, 4, 5, 6, 7, 8 fois ou plus dans mes vitesses et même sous la cassette. Cela jusqu'à ce que ma roue arrière bloque sur une distance 3 à 5 mètres (je me demande encore comment je ne suis pas tombé). Me voilà bien embarqué. Ayant déjà dû abandonner sur le 400 de Lier pour bris de dérailleur, je crains le pire quand je vois le tableau. Antonio m'aidera à « détricoter » calmement cet ouvrage tout-à-fait involontaire en évitant de détériorer le dérailleur. Encore merci à lui pour son aide précieuse. Nous repartirons environ 10 minutes plus tard, un coupe-vent détruit mais en évitant un abandon sur casse mécanique.

Lors d'un arrêt près d'une « moyenne surface » ou nous nous sommes restaurés, je constate un fuite à l'arrière, mon pneu le plus solide (Schwalbe marathon plus ! ! ). Fuite bizarre, je constate lors du démontage que la pipette est « extraite » de la chambre à air ! ! ! C'est peut-être une conséquence du blocage de la roue lors du « broyage » du coupe-vent dans mes vitesses.

Plus tard dans l'après-midi, mes forces m'abandonnent, probablement un coup de chaleur. N'ai-je pas assez bu ? Pas assez mangé ? ... Je ne sais pas en tout cas je ne sais suivre personne et je poursuis à mon rythme avec mon GPS.

Dans la campagne Champenoise, bien avant Epernay, je m'aperçois que j'ai une autre fuite, encore à l'arrière ! ! ! Et de deux (purée). Je m'arrête sur le bord de la route, je démonte la roue arrière et je veux mettre une nouvelle chambre à air mais, je suis piqué  par un moustique puis un second, puis un troisième, ... purée, je suis attaqué comme je ne l'ai jamais été, je m'éloigne de 10, 20, 30, 50 mètres .. ; mais rien n'y fait. Je dois revenir près de mon vélo, remettre la roue « non réparée » et repartir pour m'éloigner de ce guet-apens. Je m'éloigne donc de ce royaume des moustiques (en réalité des taons bien agressifs) sans avoir réparé ma roue. Je ne pourrai le faire que plus un kilomètre plus loin. Là j'attendrai un moment avant de sortir mon matériel au cas où une autre colonie voudrait aussi s'abreuver d'hémoglobine à mes dépend. Enfin je pourrai réparer.

Dans un village, quelques kilomètres plus loin je parlerai de mon aventure qui est apparemment courante dans les environs. Je ne bois pas de champagne mais les taons champenois boivent mon sang ... C'est pas juste. Après le 1200 je ferai l'inventaire et j'ai été victime d'une bonne vingtaine de piqures.

Je poursuis ma route et à une cinquantaine de kilomètres de notre étape journalière, juste après la traversée des vignobles réputés (Veuve Cliquot, Taitinger, ...). Je constate à nouveau une fuite à l'arrière ... (Grrrr). Je m'arrête et je place ma dernière chambre à air. J'espère qu'elle va tenir car je n'ai plus de « cartouche » cette fois, ça passe ou ça casse. Alors que je termine ma réparation, Bernard Peguin me rejoins. Il s'arrête et me demande si cela va. Je lui dis que j'ai installé ma dernière chambre à air et que j'espère qu'elle va tenir. Il allait poursuivre sa route mais après quelques mètres, il revient vers moi et me propose une chambre à air de réserve pour ne pas rester sans aucune marge de sécurité. J'allais refuser mais comme il insiste, j'accepte et comme ma réparation était terminée, je l'accompagne. Finalement nous terminerons ensemble les près de 50 kilomètres qui restaient à parcourir ce jour-là. Nous grimperons « le mont de Reims » ensemble et, ce dont je me doutais déjà, j'aurai la confirmation que c'est un sacré « crac » ce Bernard. La chambre à air donnée pour « sécuriser » le parcours et sa compagnie (en même temps que la température qui était plus « supportable » en fin de journée) et la compagnie de Bernard m'ont remonté le moral en cette journée marquée par la poisse. Encore merci Bernard.

 

Quatrième jour : re-poisse (pu.... rée) chaleur, des montées à n'en plus finir, un contrôle, doute, un dernier contrôle, le dernier sprint, il n'y a plus rien à ménager, on y va à fond.

On se réveille vers 4h, petit-déjeuner ente 4 et 5h. Cette fois je m'habille rapidement car je tiens à profiter de ce petit-déjeuner et je veux prendre quelques réserves. ... Mais je constate encore une fuite à l'arrière. Je monte donc avec l'aide du collègue de Jan et d'un Allemand (Alex König, qui roule avec un autre Allemand qui était venu avec moi de Bruxelles à Herentals – Andreas Schade et avec un Néerlandais Zandbergen). Nous installerons la chambre à air de Bernard. Comme je suis, à nouveau sans réserve, Alex me donnera une, puis même une seconde chambre à air. Je ne partirai que vers 6h après réparation. Le brouillard nous accompagne. Je reste au contact d'Alex, Andreas et de Zandbergen quelques kilomètres, car ils roulent vraiment à l'aise. Je décrocherai vite et poursuivrai seul. Quelques kilomètres plus loin le groupe des trois est à l'arrêt, Alex, qui m'a donné deux chambres à air est lui-même, victime d'un bris de rayon. J'espère ne pas lui avoir « transmis » ma poisse. Comme je ne peux aider, je poursuis ma route. Cette quatrième journée, comme la troisième d’ailleurs est loin d'être plate. Et le brouillard levé, la chaleur va, à nouveau, nous accompagner. Direction Cerfontaine où je vais me sustenter d'une soupe et envisager de manger des pâtes mais, le calcul de la distance à parcourir et du temps qui reste me fera supprimer les pâtes.

Direction Eghezée, encore des montées et des descentes. Entre Cerfontaine et Eghezée, je retrouverai Antonio. Je m'étonne parce qu'il était bien loin devant moi. Il me dit alors qu'il a eu une grosse « fatigue » et qu'il est resté 1h30 à Cerfontaine. Lors d'un arrêt en direction d'Eghezée, je retrouverai André. Nous nous fournirons en boissons fraiches dans une salle de sport. Nous poursuivrons notre route vers Eghezée. Au dernier contrôle, il restera 68 km. Cette fois, les derniers calculs sont faits et je sais que je ne dois plus rien garder « en réserve ».

Je décide de foncer au plus vite. La première partie sera avalée à une vitesse (compteur) proche de 30 km/h sur un ravel, afin de gagner le plus de temps possible. Mission accomplie, mon espoir grandi. Cependant en quittant le ravel et en revenant sur des routes « normales » je serai confronté à des travaux ... qui m'obligeront à prendre une autre route en perdant un temps précieux ... le moral redescend. Purée ces travaux vont-ils m'éliminer ? Je poursuis ma route et reprend courage en atteignant la longue ligne droite (ravel) qui conduit à l'arrivée mais sur mon GPS cette longue ligne droite ne diminue pas assez vite à mon goût. J’accélère donc à nouveau et monte à nouveau à 30 km/h sur ce ravel. Je prends des risque à chaque traversée de route, je passe à l'oreille, je freine à peine si je n'entends pas de bruit de véhicule. (Si un vélo me croise je risque de l'emboutir à pleine vitesse, ... un comble).

Heureusement il n'y aura pas d'accident et je pourrai me rendre au dernier contrôle 'de snelle duif » sans autre problème. Des applaudissements des autres participants ayant terminés et déjà douchés, deux médailles et un généreux barbecue m'accueilleront. André me suivra de peu.

 

Quelle aventure...


Quelques photos du 1200 km: Malheureusement, Patrice roulant souvent en solitaire n'y apparait pas très souvent.

Les photos de Patrice Martin:

 

03-06 juillet 2013 RM 1200 KM Morkhoven


402 photos de Guy ROEFS (België)
https://plus.google.com/photos/112979861092984792301/albu...
206 photos de Henk ZANDBERGEN (Nederland)
https://picasaweb.google.com/107362271220102458254/WRB120...
186 photos de Axel König (Duitsland)
http://picasaweb.google.com/105892202620706290820/HCH2013
390 photos de John ENDE (USA)
http://flickr.com/gp/58207394@N05/3tDF37/

Un beau compte-rendu (en allemand) de Andreas SCHADE (Duitsland)
http://www.triathlon-szene.de/forum/showpost.php?p=925374...
http://www.triathlon-szene.de/forum/showpost.php?p=925376...